• De la bureaucratie face à l’individu

    Quand la cuisine traditionnelle descend de son piédestal…

     

    bureaucratie1

     

     

    Vous cherchez à retirer un papier important auprès du secrétariat de votre mairie, mais l’employée de bureau vous annonce que non, il lui est impossible de prendre le risque de vous le fournir, car cela outrepasserait son statut, elle verra avec son responsable, il vous faudra repasser demain…

     

    Là, deux options s’offrent à vous : dans le premier cas, si vous êtes quelqu’un de patient, vos traits se durcissent, vous prenez une profonde inspiration, et vous vous décidez à repartir bredouille, poings et mâchoire serrés. Dans le second cas au contraire, vous êtes un nerveux, un sanguin : là, la secrétaire n’a qu’à bien se tenir, car vous frappez bien vite du poing sur la table en protestant et en clamant haut et fort qu’on ne vous le fait pas à vous, ce coup-là.

     

    Oui, avouez que ce genre de scène vous est familier : Vous vous êtes forcément tous déjà demandé si les choses ne seraient pas plus rapides si votre interlocuteur n’était pas aussi long à la détente ou s’il acceptait d’en venir où vous le désirez, là, tout de suite, maintenant, pour ne pas vous retarder dans votre timing parfois short.

    Or, comme le veut le système actuel, nos moindres faits et gestes dépendent d’une hiérarchie plus ou moins complexe et structurée, dont les membres sont plus ou moins motivés et coopératifs, c’est pourquoi le citoyen lambda que vous êtes n’a aucun pouvoir d’accélérer les procédures en cours.

     

    Et pourtant, au moment où nous vivons une situation délicate avec l’administration et la bureaucratie, il est courant de penser que si tout était plus simplifié, notre bien-être ne serait qu’amélioré.

     

    Ou comment se faire rejeter, gentiment…

     

    bureaucratie

     

    « Les trois grands mystères de la vie : l’amour, la mort, et l’administration de ma fac ». Ou le genre de groupes visible sur Facebook, créé sans doute par des étudiants désespérés par la lenteur des procédures qui succèdent à leurs requêtes, et formidable occasion pour tout un chacun de raconter diverses anecdotes et expériences personnelles.

    Il est vrai que l’administration des universités, dont le personnel est souvent débordé par le surplus d’étudiants, de diverses sections, filières, voire même nationalités, a dans de nombreux cas un fonctionnement difficile à identifier de l’extérieur, ce qui laisse parfois ses interlocuteurs dans un profond désarroi.

     

    Dans un registre similaire, le secrétariat d’une auto-école très fréquentée, où encore la mairie d’une commune, quel qu’en soit le nombre d’habitants. Dans chacun des cas énoncés, il est aisé de décrypter le sentiment que nous pouvons ressentir face à des individus s’appuyant sur leur hiérarchie pour mieux refuser de répondre à notre requête ou lui adjoindre une quantité non négligeable de conditions farfelues… Ce sentiment peut s’expliquer par le fait que nous sommes traités avec un anonymat non négligeable, ce qui peut hérisser le poil de certains : comment ça, on ne me connait pas ici ? Non monsieur, parmi nos trois mille étudiants, on ne peut se souvenir de votre nom.

     

    En second lieu, une certaine distance est parfois mise avec l’interlocuteur dans la façon de s’adresser à lui : attribution de numéros, passage en priorité selon des critères très spécifiques, la liste est longue.

    D’aucuns se plaindront de la déshumanisation caractéristique de l’administration, ce que plusieurs humoristes ont illustré, notamment dans les hôpitaux. Oui oui, je parle bel et bien des Inconnus.

     

    One comment to "De la bureaucratie face à l’individu"

    Share your thoughts on this article.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *